


Salut Alain, quel plaisir de t’interviewer sur le site ! Pour démarrer, la question traditionnelle : quelle est la chose la plus importante à tes yeux à part ta date de naissance ?
-->Alain Dautricourt : Sans hésiter la famille, et puis la musique. J’ai découvert les Beatles, The Rolling stones, l’inspiration est venue de là et mon goût pour la musique s'est affirmé à l’âge de 13 ans. Et puis, chose importante pour moi, la carrière musicale de ma fille Lilly.
Quel est ton parcours musical ?
-->J’ai commencé à accompagner Jean Roucas au cabaret « Chez Félix », dans les années 1970-73, puis j'ai travaillé au cabaret « Don Camillo » avec des artistes de variétés comme Jean Vallée, Michel Leeb, John Williams, Hugues Aufray dans les années 1976 à 1980. J’ai également accompagné Yvette Horner dans les années 1980 pendant 8 ans.
Yvette Horner et son accordéon ?
-->Oui c’est bien ça, et j’ai même participé à l’émission "Le tribunal des flagrants délires" animée par Claude Villers avec Yvette, Pierre Desproges et Luis Régo.
Tu as également participé à des émissions de variétés à la télévision ?
-->Tout à fait, de 1987 à 1992 "Champs-Elysées" animée par Michel Drucker, et puis en 1989 pour "Le Petit Théâtre de Bouvard".

Variétés, Jazz, Gospel, Country, Rock, Blues... Tes intérêts sont variés. Je me suis aperçu que tu étais dans un tribute band des Doors, « The Poors ».
-->"The Poors" a été crée avec le chanteur Gilles Duvert parce qu’il était très proche du côté fantasque de Jim Morrison. On a créé ce tribute en 2002. Je joue aussi dans un tribute des Creedence Clearwater Revival, "Green River", avec le chanteur Christian Bouérie depuis 2000, où l’on évolue sur la scène de l’Utopia, une fois par mois.
Et puis maintenant c’est devant un public conquis à chaque concert au Théâtre de Ménilmontant que tu reviens jouer au Patro. Si mon petit doigt ne déraille pas, il me semble que tu as grandi dans une ambiance de patronage ?
-->En effet, j’ai vécu ma jeunesse dans un patro, "La mie de pain", dans le 13e arrondissement de Paris, rue Charles Fourier, dans les années 1970. C’est à partir de ce moment que j’ai découvert la batterie. Dans les sous-sols du patro, il y avait une salle
de répétitions et souvent, des mecs plus âgés que moi y jouaient. De fil en aiguille, je m’y suis intéressé. Il faut dire que j’avais déjà ça dans la tête, ça a augmenté mon envie de faire de la musique.
J'avais 13 ans et demi. J’allais au catéchisme à la paroisse Sainte Anne. Il y avait beaucoup d’activités comme l’aéromodélisme que j’aimais bien, c’était une vraie vie de quartier. J’ai visité, grâce à ce patro, une bonne partie
des musées de Paris car de nombreuses sorties culturelles étaient organisées. Et puis un jour au Cinéma "le Veselet", j’ai vu pour la première fois "Les Beatles" dans leur premier film, "A Hard Day's Night" ("4 Garçons dans le Vent", NDLR). Ça a eu un effet
magique sur moi, il y avait une vision joyeuse et trépidante de la vie dans ce film. J’avais quatorze ans je les voyais courir. J'y ai lu un chemin qui traçait mon avenir...
Peut-on dire quelque part que le patronage t’a orienté ?
-->Ça m’a aidé matériellement, à l’époque il n’y avait pas de salle de répé comme maintenant. On m’a également aidé sur le plan scolaire, le patronage m’a apporté une structure.
Et puis la musique était présente également dans ta famille ?
-->Tout à fait, Fabien. Avec mon père, on écoutait beaucoup de jazz, mon père jouait de la batterie en amateur dans des bals. On a joué ensemble sur un disque de Nat King Cole, c’est là où j’ai
eu de vraies sensations rythmiques. Moi je jouais des bongos. Et puis mon frère jouait de la guitare sèche et électrique. Et maintenant, c'est au tour de ma fille de faire de la musique...

Tu es vêtu d’une magnifique combinaison bleue, un peu à la manière des officiers à bord de "l’Enterprise". Avant de lancer "Scotty ! Téléportation !", vers quelle destination ou époque souhaiterais-tu être téléporté à vitesse supraluminique ?
-->Sans hésiter au tournant des années 1940-1950, il y avait tout à faire. Il y avait un meilleur état d’esprit que maintenant. C’était le rêve américain ! Me téléporter en plein dans ce mouvement musical de l’époque, oui, j'en rêverais !
Atterrir en plein 9 juin 1972 sur la scène du Madison Square Garden et jouer avec Elvis Presley ?
-->Je m'y serais bien vu en effet, c’est bien ton idée. Ah, Ouais! J’aime bien cette époque de la fureur de vivre, la jeunesse... Il y avait un côté innocent, frais.
Tu as un surnom ? Et pourquoi celui-ci ?
-->Oui, c’est Alan D., parce que je suis parti jouer en Angleterre avec des musiciens anglais. C'était à Newcastle en 1998 avec un groupe de blues. Le groupe s'appelait "ça va mal finir cette histoire". Eux, ils avaient tous
des noms Michael, machin… Enfin à consonance anglaise et ils m’avaient surnommé Alan D. (Alain dit Dautricourt). Voilà pour la petite histoire.
Dieu a créé l'homme et la femme. Plus modestement, toi t'aurais créé quoi ?
-->J’aurais créé un monde de musique, pour pouvoir communiquer. J’aime bien être dans une ambiance conviviale, rigoler, ne pas
me prendre la tête même si parfois, bien entendu, la vie n’est pas toujours facile.
Que penserais-tu d'un gouvernement musical ?
-->Je verrais bien l’Assemblée Nationale prendre la forme d’un grand orchestre ou d'un big band de jazz, ouais ! (rires)
Si d'aventure tu devais inventer un jeu, à quel genre penserais-tu ? Et tu l’appellerais comment ? Panique à l’Elysée… ?
-->Ce serait le "Drum in Tour". Ce jeu permettrait par exemple de jouer de la batterie dans des styles complètement différents, du jazz
à la polka, de faire évoluer un jeune rappeur sur un rythme de Polka ou encore sur un air de musette à la Yvette Horner, ou encore de faire évoluer
Joey Starr sur un rythme de Country Music. Ou pourquoi pas Charles Aznavour en train de faire un slam. Inverser
les styles de musique entre la jeune et l'ancienne génération.
Ton actualité en ce moment ?
C’est Destination
Woodstock au Théâtre de
Ménilmontant les 27, 28 et
29 mai prochains. Et puis je
donne toujours des cours de
batterie dans une école associative,
à raison de vingt
heures par semaine. Cette
association s’appelle l'Institut
Parisien du Rythme. Par ailleurs,
je serai en tournée cet
été avec "Green River" le 03
juillet à Blaye (33), le 24 juillet
à Réalmont (81), le 30
juillet à Cernay-la-Ville (78).
Merci Alain. Avant de nous quitter, si tu avais quelque chose à laisser en guise de mot de la fin, ce serait quoi ? Un lien internet,
une photo, un texte, un coup de gueule ?
-->Merci Fabien, Je laisse l'adresse internet de l’école de musique : www.ipr.paris.free.fr